• Sénégal / Côte-d’Ivoire : Ce qui s’est réellement passé

    by  • 15 octobre 2012 • Société • 0 Comments

    Jamais une déception n’a  été aussi grande chez les sénégalais. Précisément, chez les amateurs de football, fidèles supporters des « Lions de la Teranga ».

    Durant une semaine, partout dans le pays on ne parlait que de ce fameux match : Sénégal contre Côte-d’Ivoire. 90 mn capitales pour le football sénégalais.

    Toute la presse s’était mobilisée  pour que les supporters remplissent le stade le jour J.  Une campagne qui a connu un succès, car des milliers de billets ont été offerts aux amateurs du ballon rond qui souhaiteraient se rendre au stade Léopold Sédar Senghor.

    L’ambiance dans la Capitale sénégalaise de ce jour du samedi  nous rappelait  un peu la coupe du monde de 1998. En ville, on ne peut pas marcher cinq pas sans rencontrer quelqu’un qui porte un maillot de l’équipe ou apercevoir les trois  couleurs nationales accompagnées de l’étoile qui flottent.

    Le 12ème Gaïndé a confectionné 60 mille petits drapeaux qu’il distribuait gratuitement aux supporters qui s’étaient rendus au stade.

    Lorsque le match a démarré, tous ceux qui n’étaient pas sur les gradins étaient devant leurs postes téléviseurs ou accrochés sur leurs postes radios. Avec l’espoir d’un grand exploit face à l’équipe ivoirienne.

    Mais malheureusement, un rêve qui a été brisée par le célèbre DJ. Votre attention SVP ! Ce dernier ne fait pas parti de ceux-là qui manipulent les disques sur les platines et qui donnent de l’ambiance dans les radios ou boîtes de nuit de Dakar. Celui-là, c’est l’un des plus grands manipulateurs du ballon rond de nos jours. C’est celui qui, une fois sur le terrain ne voit la balle qu’au fond des filets du camp adverse. C’est le célèbre comme l’éléphant d’Afrique, c’est l’éléphant du pays de Félix Houphouët-Boigny. Oui, lui c’est Didier Drogba.

    Un match, quatre défaites

    Après avoir encaissé quatre buts et marqué deux  à l’extérieur un mois plutôt, précisément lorsqu’elle est allée en Côte d’Ivoire, l’équipe nationale du Sénégal devrait  sortir de cette  rencontre avec un score de deux buts d’écart pour le billet au rendez-vous continental. Malheureusement, elle encaissa  deux buts après plus  de 45 mn de jeu, devant son public, devant ces supporters des équipes du football local appelé autrement « Navétane ». Ce qui s’en est suivi est vu par tous : l’interruption du match, lorsque des supporteurs ont anticipé la manifestation  de leur colère  par des projectiles sur la pelouse. Ce qu’on appelle en langue locale « Labadj ». En quelques mots : c’est la création d’une situation qui entraîne la fin d’un jeu, quand on sent que la suite ne nous arrangera plus. C’est dans la culture de l’enfant sénégalais. Une situation que l’on note souvent lors des  » Navétane »

    Évidement, selon les spécialistes,  le Sénégal sera sanctionné par la Confédération africaine de football et par la Fédération internationale de football association dont le chargé de sécurité était sur place pour mieux surveiller ce match de la honte pour la plupart de la population.

    Donc ici, nous noterons quatre défaites. Comment! Pourquoi quatre?

    Du jamais vu dans l’Histoire du ballon rond, en moins de 90 minutes qui est la durée normale d’un match de football, une équipe a connu quatre défaites. D’abord contre les 11 joueurs qui étaient sur le terrain, donc l’équipe adverse, puis celle donnée par ces supporteurs, ensuite celle de la CAF et enfin la défaite donnée par la FIFA. J’espère que maintenant vous m’avez compris. Autre chose à noter, la Côte-d’Ivoire n’a jamais battu le Sénégal à domicile. Ceci dit, que c’est la première fois que les Éléphants gagnent les Lions dans la pelouse du stade qui porte le nom du grand défenseur de la Négritude.

    Des joueurs fidèles à la Teranga face à des supporters infidèles

    Les joueurs sénégalais qui défendent les couleurs nationales portent le nom de  Lions et on y ajoute souvent : de la  » Teranga « . Le Sénégal est un pays bien connu à travers ce mot en langue Wolof.  En résumé, « Teranga » veut dire hospitalité. Comme on le dit souvent, le client est roi, ici chez nous aussi, l’hôte est roi.

    Par conséquent, les lions ne pouvaient pas faire autre chose. C’était l’occasion de prouver au monde entier que le Sénégal mérite bien ce nom et que c’est un vrai pays d’hospitalité. Ils ne pouvaient que donner un accueil de qualité à l’hôte. Et pour que ce dernier soit content de son court séjour  dans le pays, il nécessiterait qu’il rentre avec beaucoup de cadeaux, autrement beaucoup de buts avec lui. De bons élèves et vrais fidèles, les Lions de la Teranga n’ont fait que montrer et mettre en œuvre la Teranga qui est l’identité sénégalaise.

    Le samedi 13 octobre 2012, les 11 joueurs sur le terrain ont été fidèles, mais devant une  population sénégalaise qui avait oublié un petit mot de sa philosophie culturelle. Elle n’a pas voulu que les Eléphants repartent avec beaucoup de cadeaux

    Avec humour, sans doute,  je pense que c’est cela qui explique que d’aucuns disent qu’on ne reconnaissait pas les joueurs qui étaient sur le terrain, car ils n’ont rien montré qui prouvait l’envie de battre les coéquipiers de Drogba. D’autres disent que c’est le classement qui était mal fait voire  même la sélection des joueurs pour ce duel, donc l’entraineur ne connait rien.

    Avec ce match, tout le monde fustige ces jeunes qui étaient au stade, mais disons-nous la vérité, ce n’est pas la première fois qu’une rencontre s’achève ainsi. On a vu d’autres qui se sont terminées avec des bilans pires que ce match Sénégal / Côte-d’Ivoire : plusieurs morts pour une rencontre. Heureusement que ce n’est pas le cas pour notre pays.

    Revenons un peu avec le mot entraineur,  sélectionneur ou encore coach, comme vous le voulez.

     Nombre d’entraineurs, égale nombre d’habitants

    Au Sénégal, nous sommes plus de 12 millions d’habitants. Le saviez-vous, nous avons le même nombre d’entraineurs, de techniciens et de spécialistes en sport. 12 millions! Encore du jamais vu dans le sport. Dans le pays de la Teranga avant et après un match de football, un combat de lutte, … on entend des commentaires partout. Dans la place publique, les radios et télévisions, chacun explique la technique qu’un lutteur doit entreprendre pour terrasser son adversaire et après le pourquoi tel a perdu le combat. C’est idem quand il s’agit d’un match de football. Ils font un classement et avancent des commentaires à l’égard des joueurs adverses. Après le match, c’est l’heure de le décortiquer  comme d’habitude en  appelant en direct à la radio, à la télé pour intervenir. Mais les débats sont plus chauds en groupe dans les bus, ateliers et même dans les maisons.

    Actuellement beaucoup disent qu’il faut mettre de côté les coachs locaux et faire appel aux « Toubabs », parce que ce sont eux, les blancs, qui peuvent faire rêver les amateurs.

    Ne faut-il pas abandonner. « Lion » et prendre celui des soldats qui est « Diambar ». Car  ce dernier est le brave, celui qui se donne à fond, jusqu’au bout sur une chose.   Et c’est ce qu’on ne voit pas chez nos footballeurs quand ils sont sur le terrain. Ils n’ont  rien qui est proche du  roi de la forêt. Mais, un comportement semblable à celui d’un chat qui a but de l’huile. Je ne sais pas si vous l’avais une fois vu ?

    Sinon demandez à un ami!

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